LE PASSé AU PRéSENT SUITE

Publié le par paul vidal

 

Les violons de l'enfance

 

Sur les violons, de notre enfance,
Les cordes chantent, les cordes crient
De la tendresse, à la violence
De la présence, jusqu'à l'oubli.
De résonance, en résonance,
Depuis le grave, jusqu'à l'aigu,
Toute la gamme, des souvenances
En arrondi et en pointu.
Et la musique, apothéose,
Gomme le temps, le rajeunit,
Teintée de noir,teintée de rose r
Unit le rien,et l'infini.

 

SOUVENIRS

 

Souvenirs de haine, regrets d'indifférence
Vous qui défigurez ma joie tout à l'avance
Quand me quitterez vous, quand me quitterez vous?
Musique mon amie, mon amie de la terre,
Toi seule qui parvient, parvient à les faire taire
De quatre de tes notes, tu peuples le désert
A l'horreur du néant ,tu sais fermer la porte
Mais n'es- tu qu'un message, trop joli et trompeur
N'es- tu pas dans le ciel, comme une étoile morte,
Comme une étoile morte, dont la lumière survit.
Je suppose que Dieu, dans sa miséricorde,
A voulu que tu sois, afin que ma maison
Bien que triste ait un toit. mais pourquoi pleut donc ?
Mais pourquoi pleut il tant, et si souvent chez moi..


LES YEUX


Les yeux qui ne sont à personne
Sont autant de mondes perdus
Où jamais la voix ne résonne
Où ne passe pas d'inconnus.
Les images n'y chantent pas
Et les rires y sont muets,
Et le soleil qui y pénètre
Laisse à la porte toute sa joie.
Ce sont villages sans fêtes
Ou bien montagnes sans échos,
Et l'image de Dieu qui passe,
Ne trouvant rien pour l'accueillir,
Malgré le désir qu'ils en ont
Ils ne peuvent la retenir.
Il leur manque bien peu de chose
Mais ce peu de chose qui fait
Qu'un éclat de verre peut chez lui,
Un instant recréer le ciel.
Pauvres yeux qui ne savent pas
Ou regarder pour y voir clair

 

DIALOGUES

 

Et que dieu nous pardonne d'utiliser des mots
Lui qui se tient si loin lui qui se tient si haut
A construire des échelles pour tenter d'approcher
Ce qu'il semble promettre à chacun d'innocence
Les yeux qui nous regardent et les mains qui se tendent
Les sourires éternels qui soudain disparaissent
En laissant derrière eux des âmes en désarroi
Toutes les voix aimantes aux paroles si douces
Qui se taisent à jamais envahies de silence
Les jours et les nuits qui se suivent en cadence
Miraculeuses ou vides au rythme de l'amour
Le ciel envahi d'astres trop près ou trop lointains
Tout recouverts de glaces ou brillants de leur feux
Ceux qui peuplent la nuit de lueurs lointaines
Comme des au revoir ainsi que des adieux
Et le soleil brûlant qui domine la vie
De toutes les naissances jusqu'au seuil du trépas
Epargnant le fragile fabriquant la beauté
Lui accordant le temps de grandir lentement
Pour qu'elle sache comment se protéger de lui
Qu'il peut tout lui donner et puis tout lui reprendre
Tout à la fois promesse tout à la fois menace
Pour parvenir à vivre il faut savoir choisir
En se tenant prudent à égale distance
Entre lumière et ombre entre joie et tristesse
Pour ne pas disparaître sur un bateau qui sombre
A trop vouloir connaître ce que cache les mots
A soulever les pierres trop lourdes du silence
En espérant dessous trouver la vérité
Si le bonheur n'était ainsi qu'une balance
Du plus haut au plus bas de se tenir bien droit
De bien serrer les mains pour garder la cadence
N'avoir que les yeux libres pour regarder les branches
Et les oreilles pleines du rire des enfants

 

S A V O I R

 

Je ne sais pas pourquoi je ne sais pas comment
J'ai pu t' aimer si peu j'ai pu t' aimer autant
C'est que l'amour je crois n'était qu'espoir d'oubli
Ce qui le faisait grand le condamnait petit
²C'était un puits sans fond tout ruisselant de vie
Ou l'amour se noyait a trop chercher l'oubli
Je ne pouvais savoir que perché sur le temps
La vie serait si courte et l' oubli si fuyant
Mais avais je le choix  le désirant autant
De vivre un avenir au passé trop présent

 

PAROLES



J'ai besoin d'une joie pour tuer ma tristesse.
J'ai besoin d'autres yeux pour regarder le monde.
Les mots que tu prononces même les mots des autres
Lorsque tu me les dis n'appartiennent qu'à toi.
Avant que tu les dises, ils gisent dans la tombe
Quand ils sortent de l’ombre, ils ne sont que ta voix
Je ne suis que questions, muettes et sans réponses,
Tes mots seuls en chantant bercent mon désarroi
Je ne suis qu'un violon qui a perdu ses cordes,
Un violon désarmé qui est devenu bois,
Le chant qui l'habitait parti vers d'autres mondes,
Ne peut y revenir s'il ne reste que moi.
Il peut encore flotter silencieux sur l'onde
Au caprice du temps et des jeux de lumière.
Mais la chanson l'habite et dans ses flancs de bois
La prière le prolonge ainsi que dans un songe
De chanter à nouveau de retrouver sa voix.

 

 

 

Les mots pointus

 

Il est des mots pointus qui traversent le corps
Y laissent un trou béant à nul autre pareil
Que personne ne peut malgré bien des efforts
Combler totalement se pencher juste au bord
Mais le trou est trop grand trop vif sur le bord
Et le froid est rentré depuis bien trop longtemps
L’intérieur est gelé définitivement

On peut avec des chiffres l’amuser en passant
Avec de la musique le bercer doucement
Il ne faut pas chercher à regarder le fond
Car à trop se pencher on pourrait y tomber
Disparaître à la vue dévoré dans l’instant

l n’y a que des mots qui peuvent en pansement
Jetés d’un bord à l’autre le cacher prudemment
Evitez d’y toucher ou alors doucement
Car il est toujours là guéri apparemment
Mais guéri en surface en surface seulement

 

 

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Publié dans poesies

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