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Publié le par paul vidal

 

RAPPORTS

 

 

L'orgueil du rocher qui domine la vague

Est jeunesse de pierre qui veut narguer le temps

Mais le temps a pouvoir de modifier la vie

De la rendre sujette à l’espace et l’instant.

Si sa fragilité ne lui paraît présente

Que face à la montagne ou à la mer démente

La mer de ce rocher fera demain du sable

Pour accueillir les pas de l'instant d'un présent

Certain que Dieu pour lui a voulu chaque chose

Alors qu'une marée effacera ses traces

Le regard pourra croire que l'horizon est fait

Pour lui donner l’espace infini de la terre

En cadeau de beauté quand le soleil l'éclaire

En cadeau de repos lorsque la nuit s'installe

Mais la course du temps qui avance et dépasse

Modifie chaque chose inexorablement..

Les objets du matin ne sont pas ceux du soir

L'amitié les déserte ils sont indifférents

Nous devons pour les voir comme nous les aimons

Attendre que l'espoir apporte un jour nouveau.

 

 

 

LES OBJETS

 

 

Par le chemin des yeux, celui de la mémoire

L’objet des souvenirs unit un certain temps

Les sentiments passés aux sentiments présents

Habillant le réel des vestiges anciens

En étant le bateau de toutes les tempêtes

Permet d’aller plus loin, de gagner l’avenir

Il peut être passage provisoire et ami

Qui aide à traverser une vague trop forte

Il peut être jalon escortant le destin

Permettant à la vie de progresser encore

Ou devenir arrêt en souvenirs de vie

Porteur de lassitude en attente de mort

 

 

LE PHARE ET LE BONHEUR

 

 

Le bonheur comme un phare, qui s'allume et s'éteint,

S'amuse en noir et blanc, avec notre de destin

Aveuglant par instant, comme une certitude,

Il montre le chemin, en balayant le doute,

Pour s'écarter ensuite et oublier la route.

 

Attend que sa lumière à l'horizon paraisse;

Peut-être moins brutale, adoucie de tendresse,

Par les brumes du temps en lueur de caresse.

Le bateau de la vie, guidé par la raison,

Traverse sans répit, l'océan des questions.

La couleur des dieux et des philosophies

Jalonne toutes nos mers, dans l'attente d'un port.

Le spectacle des vagues nous berce et nous fascine,

Mais l'idée du repos immobile est un quai.

 

 

LE BATEAU

 

 

Sur le bateau errant de l'être solitaire

L'horizon est trop calme et la mer est trop claire

Au mat de son espoir, la voile pend inerte

La vie au fond de l'eau lui parait étrangère.

Le ciel est pourtant là, dans son immensité

Il pourrait être ami, être sérénité.

Mais l'oeil qui le regarde a aimé d’autres cieux

En les voyant vivants, à travers d'autres yeux.

Même le vent du large, escorté par la vague

Pourra bien le bercer, lui donner l'illusion

La vie l'a traversé, lui offrant ses cadeaux

Il a tendu les mains, il a cru les saisir.

Mais le temps a passé, mêlant le vrai au faux

Changeant la vérité, l'habillant d'oripeaux

Il cherche autour de lui à trouver une main

Pour le guider enfin vers un autre destin.

 

 

L’Arbre

 

 

A l'arbre le printemps va redonner ses feuilles

Pour regarder le ciel et respirer le vent

Il pourra de nouveau y recevoir la pluie

Avant de la poser doucement sur le sol

Et ses bras disgracieux longtemps raidis de froid

Onduler lentement au caprice de l'air

La chaleur revenue lui parcourir le corps

Comme dans sa mémoire il en gardait l'espoir

Lorsque viendra l'automne et toutes ses couleurs

Sa robe de gala accueillera l'hiver

Et le froid pénétrant à nouveau ses attaches

Refera de ses branches de nouvelles racines

Sa ligne dépouillée comme l'est une esquisse

Rappellera aux yeux par sa nouvelle image

Qu'il est resté vivant malgré ses apparences

Seulement en sommeil pour braver l'ouragan

 

Tel un amour patient attend son avenir

Il attendra tout nu que revienne la vie

Que les joies de demain et les oiseaux bruyants

Dans ses nouvelles feuilles choisissent de faire nid

Les sapins qui l'entourent conservent leurs couleurs

Et reçoivent la neige en cadeau de Noël

Mais s'ils sont blancs la nuit sous les rayons de lune

Ils ne connaissent pas d'aussi belles couleurs

Les rouges et les jaunes de la feuille d'automne

Ne les vêtiront pas ainsi que dans un rêve

Cette robe magique qui dure si peu de temps

A le pouvoir de plaire à nul autre pareil

 

Que pour les yeux des hommes cette vie éphémère

Revit dans leurs tableaux à l’abri de l'hiver

Qu'ils gardent au fond d’eux mêmes, ce rêve de beauté

Et ne peuvent accepter sa trop courte durée

 

 

Jour et nuit

 

 

 

Les yeux sont trop petits quand le soleil se lève

 

Quand la lumière occupe chaque coin d'horizon

 

Les fantômes du soir comme de mauvais rêves

 

Se dispersent soudain vaincus par la lumière

 

 

 

Le poids du noir épais faisant de chaque oiseau

 

Un   orphelin de voix   un aveugle des yeux

 

Les bruits amis du jour et les voix de la vie

 

Emplissent à nouveau tout l'espace et le temps

 

 

 

Le  ciel  d e la nuit fait  de lune  et d'étoiles

 

Agit comme un sommeil préparant le réveil

 

Change les formes en ombres et les bruits en murmures

 

Modifient  les distances  et  les  rend  incertaines

 

 

 

Le  monde  des  étoiles  de jour  s i éloigné

 

Reprend son importance rapproche le mystère

 

La  vérité  du  jour  et  celle  de  la  nuit

 

Sont la lumière et l'ombre de chacun d'entre nous

 

 

 

 

 

LE LAC MAJEUR ET LES ILES BORROMEES

 

 

 

 

 

Les Alpes en bonnet blanc d'un horizon lointain

 

Semblent tout étrangères à ce miroir si calme

 

Prisonnier de leur flanc, refuge de beautés

 

Diverses et concordantes, les marbres et les granits

 

Polis domestiqués, révèlent leurs éclats

 

Secrets pourtant présents et dans leur permanence

 

Solide et établie escortent silencieux

 

Durant tous les hivers le sommeil des fleurs

 

Si belles et provisoires qu'elles attirent les hommes

 

Séduits par leur couleur violente inattendue

 

Qui peut les habiller en défiant les gris

 

Des teintes intermédiaires comme la vérité

 

Voudrait le submergeant  éliminer le doute

 

 

 

Le ballet des bateaux sur le calme des eaux

 

Converge vers les îles comme cadeau sur l'eau

 

Enchâssées de lumière et caressées des eaux

 

Ces morceaux de la terre protégés de l'ailleurs

 

Entre le poids des pierres et les voûtes légères

 

Les  jardins  colorés  et  tirés  au  cordeau

 

Transforment toutes les îles en autant de joyaux.

 

Si  chacun  les  poursuit, y  repose  ses  yeux

 

C’est parce que le miracle qu'elles semblent recréer

 

Porte  la  certitude  même très  éphémère

 

Qu’une beauté secrète peut soutenir la vie.

 

 

 

LES ARCS 1800

 

 

 

La foule les sapins en uniforme blanc

 

Habille les pentes raides à l'assaut des sommets

 

Comme une collerette un jabot de chemise

 

Elle enchâsse la tête du sommet éclatant

 

La neige éblouissante et ses étendues vierges

 

Semble dans sa pureté défier à tout jamais

 

La souillure d'un pas

 

Ce sommet de lumière inondant le regard

 

Le retient malgré lui en posant la question

 

J’appartiens à la terre la surveille d'en haut

 

À l'image d'un rêve planant sur notre vie

 

Mon profil indécis et ses contrastes forts

 

Résument le conflit de chacun d'entre nous

 

De l'espoir sans limite à la foi plus précise

 

Nos destins chaque jour refusent de choisir

 

 

 

 

 

La pierre au soleil

 

 

 

La pierre sans soleil et l’homme sans un Dieu

 

Se ressemblent beaucoup dans leur univers froid

 

La   pierre  de la nuit dans   l’attente  de l’aube

 

Est morte pour les yeux et froide pour  la  main

 

 

 

Elle existe pourtant mais le néant des sens

 

La  prive  d’exister pour meubler notre vie

 

Le  souvenir  inscrit  en chemin de mémoire

 

Nous la rend en présence identique à demain

 

 

 

Ainsi de toute vie entre  joie et tristesse

 

Le temps en s’écoulant se révèle multiple

 

De tiède à implacable le soleil de même

 

Partagera  la vie  au gré  de  son pouvoir

 

 

 

Le feu de cheminée

 

 

 

Le feu de cheminée comme un soleil nouveau

 

Fait revivre le jour au milieu de la nuit

 

Nos yeux comme inondés fascinés de lumière

 

Le regarde brûler et déployer ses flammes

 

On les regarde assis comme on lit un visage

 

En attente d'un geste d'un mot inattendu

 

La surprise est constante et l'amitié présente

 

Qui semble réunir chaleur et mouvement

 

Dans un ballet constant semblant prier le ciel

 

La prière de braise trouve fin sous la cendre

 

Elle passera la nuit retenant son pouvoir

 

En attente patiente de retrouver l'espoir.

 

 

 

La Loire

 

 

 

Sa surface est discrète habillée en miroir

 

Voulant faire oublier qu'elle ne fait que passer

 

Elle caresse les rives plates de sable tiède

 

Evitant  tant se peut de quitter son repos

 

Pour passer en vitesse un obstacle imprévu

 

Alors qu'elle avait fait le voeu de grand silence

 

Et choisi le murmure en harmonie de son

 

Un lit inconfortable et soudain rétréci

 

Lui fait presser le pas et devenir sonore

 

Sa nature estivale s'étire comme les jours

 

Paresseuse à souhait alanguie sur les sables

 

Elle adapte ses flots aux humeurs des cieux

 

C'est la Loire qui passe en multiples visages

 

Et qui descend soumise à son propre destin

 

Du centre de la France jusqu'à la mer immense

 

Elle rassemble les neiges et la pluie des orages

 

Abondante ou avare aux caprices du temps

 

Elle est claire et limpide  semblable à un ciel bleu

 

En couleur de vacances et ménageant des plages

 

Elle devient le miroir paisible et si tranquille

 

D'un monde tout envahi de la sérénité

 

 

 

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Publié dans poesies

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