LA NATURE
L'AURORE
L'aurore de son sourire, peut blanchir l'horizon,
Et les oiseaux du ciel, pourront chanter toujours,
Rien ne m'empêchera, de demander pourquoi
Demain l'eau coulera, et vos yeux seront morts ?
Pourquoi nous avoir mis, dans le coeur cet espoir,
Qui veut que l'on soit grand, tout en étant petit ?
Et puis ses amitiés, sitôt mortes que nées,
Ecrasées par le temps, qui n'a pas de pitié.
Et la mort et l'amour, plus jamais et toujours,
Qui veut ce jeu bizarre, qui nous lie à la terre ?
Qui nous donne la soif, et qui nous désaltère
L'enfer n’existe t-il, que pour créer le ciel ?
Faut il tant de malheurs, pour justifier l'espoir ?
Et quand cesserons nous, à l a réalité
De chercher chaque jour, un goût d'éternité ?
ÉQUIVALENCES
Il n’y a que la mer capable de porter
Les bateaux si nombreux surchargés de l'espoir,
Il n’y a que le ciel capable d’accueillir
Les multiples questions de chacun des regards.
Il n’y a que l'amour qui parvienne à franchir
L'obstacle omniprésent de chaque solitude
Le temps sans dimension fabrique les matins
Qui succèdent sans fin aux nuits les plus obscures.
La démarche de l'art parvient à faire un tout
En prélevant un peu des proches différents
Et que dire de la vie et que dire de la mort
Avec si peu de mots qui se ressemblent tant.
Il faudrait en user de magique façon
Parvenir à fixer ce qui est mouvement
En berçant son esprit de grandes certitudes
Mais oublier de croire pour ne faire qu’espérer
Le temps sans dimension fabrique les matins
Qui succèdent sans fin aux nuits les plus obscures.
La démarche de l'art parvient à faire un tout
En prélevant un peu des proches différents
Et que dire de la vie et que dire de la mort
Avec si peu de mots qui se ressemblent tant.
Il faudrait en user de magique façon
Parvenir à fixer ce qui est mouvement
En berçant son esprit de grandes certitudes
Mais oublier de croire pour ne faire qu’espérer
Le chat
Le chat dans sa pelisse traverse le décor
De sa démarche souple silencieuse et musclée
Sa queue droite, ondoyante accompagne ses pas
Signalant sa présence, attirant le regard
Il est en défilé de mode permanent
Tète haute et regard perdu dans le lointain
Il laisse supposer des richesses cachées
Aime-t-il beaucoup ou veut-il être aimé
Ce serait, supposé son côté féminin
S’il aime recevoir les caresses en bon sens
La caresse à rebours lui fait baisser la tête
S’il ferme alors les yeux, pour cacher sa colère
Sa patte brusquement peut trahir sa pensée
Il exige respect ; accepte admiration
Mais ne tolère pas de sentiments moyens
Ressemblant en cela à beaucoup de bipèdes
Exigeant des bonjours des bonsoirs des je t’aime
Menaçant par r défaut de changer de maison
Lorsqu’il se frotte aux jambes de son soit disant maître
Le fait t’il par tendresse ou se frotter lui-même ?
Ses yeux pleins de mystères nous laissent supposer
Des sentiments réels d’attachement profond
Les chinois lisent l’heure grâce à lui sans horloge
Sa pupille accompagne les ardeurs du jour
La nuit lorsqu’elle s’approche l’agrandit sans mesure
Lui permettant de voir la souris et l’oiseau
Sa cruauté alors s’épanouit sans réserve
Le prétexte en étant son féroce appétit
Il joue de la souris prisonnière en ses griffes
Comme le grand artiste parcourant son piano
Ses amours bruyantes dans les nuits de printemps
Sont autant d’opéras se passant de Bastille
Transformant le dormeur accablé de fatigue
En auditeur forcé espérant le silence.
NUAGES
Ce nuage qui passe au dessus de ma tête
Qui sait s'il me protège ou bien s'il me menace
Suivant que j'aime ou que je n'aime pas;
Il est lourd , il est triste de la douleur du monde
Ou bien gai et léger comme un rêve d'enfant.
Dans le plus haut du ciel, c'est lui qui fait la joie
S'il nous prend la lumière, c'est pour mieux l'adoucir;
Mais qu'il vienne à descendre et ce n'est plus le même
Il se traîne et s'allonge et il pleure pour mourir.
Suivant que j'aime ou que je n'aime pas .
Il regarde le ciel, il regarde la terre,
Heureux ou malheureux selon quelle est sa face,
Prêt à mourir joyeux si le soleil l'éclaire
Pour passer la montagne et s'élever au ciel
Il doit car c'est la loi souvent pleurer sur terre .
Un caprice d e dieu sans en laisser de trace ,
D'un coup de vent léger à tout jamais l'efface,
Mais déjà dans le ciel un autre a pris sa place
Certain que dieu l'a fait le pousse et le regarde
Soutenu par la foi, il affronte sa vie
FEUIILE D'AUTOMNE
Chaque feuille d'automne est comme une chanson
Qui portée par le vent cherche une partition
Avant de se poser doucement sur le sol
Elle est le musicien à la quête du ton
Sa course est éphémère soutenue par le vent
Mais les yeux qui la suivent sont heureux dans l'instant
Sa parole légère et sa danse futile
Nous prennent peu de temps nous paraissent inutiles
Sa chute vers la terre entièrement de caprice
N'obéit à personne et se moque des lois
Avant que de mourir et revenir au sol
Elle aura incendié la foret de ses feux
Durant quelques semaines libérée de son arbre
Elle voguera au loin en liberté nouvelle
Voisinant sur le sol d'autres amies de couleur
Elle pourra y choisir des harmonies nouvelles
Tapissant la foret de multiples incendies
Ses couleurs superbes avant que de mourir
Nous dirons que demain quand viendra la saison
Les dieux lui ont promis de retrouver sa place
Attachées de nouveau et moins libre peut être
Mais légère dans le ciel et symbole de vie
Les cieux sont les yeux de la terre
La lumière du ciel inonde notre vie
Elle règne sur nos yeux en grande souveraine
Imposant sa présence en majeure promesse
Sur le vide apparent et l'effroi des distances
Elle sait nous fasciner de multiples présences
La lune le soleil et la pluie des étoiles
Sont la grande famille à nos yeux proposés
Où chacun peut choisir un astre préféré
Et cette liberté à tout vivant offerte
De trouver un refuge où loger son espoir
Permet à tous les hommes de l'invoquer sans cesse
Sans craindre nullement de trop l'importuner
Parmi tous les vivants aujourd'hui disparus
Qui comme nous jadis la recevaient heureux
Le ciel seul survivant dans sa splendeur immense
A gardé leur mémoire parmi tous ses nuages
Et notre amour vivace en leurs contours changeants
Contre toute raison recherche leur image.
LA PLUIE
Si la pluie ne tombait de temps en temps sur terre
S'établirait partout le règne de poussière
Et les fleurs teintées n’auraient le même éclat
Il faudrait les laver chaque matin à l'aube
Alors que la nuit rétablit leur beauté
Les yeux clos par la nuit se révélant tout neufs
N'auraient pas le plaisir de les admirer telles
Sans avoir le besoin de recourir aux larmes
Pour retrouver intact le plaisir des couleurs
Si l’homme n'avait pris conscience depuis toujours
De l'habit provisoire de chaque instant joli
Il n'aurait pas tenté et parfois réussi
De fixer sur image après l'instant passé
La beauté si fragile et pourtant magnifique
Qui habille le monde à chaque instant de vie.