LE TEMPS

Publié le par paul vidal

 

Le temps

 

 

Avec le mot toujours nous cherchons l’éternel.

Par son immensité, ce mot sans dimension

Equilibre la peur, des idées incertaines.

C’est le mot qui revient, masqué sous d’autres mots.

Il habille l’amour et Dieu sans un effort.

 

L’’inquiétude reste grande installée sur le temps

Mais ce mot à lui seul est si grand de pouvoir

Que la fuite du temps se remplit de présences.

Comme l’amour soudain, peut tuer la détresse

En occupant l’espace, en changeant le regard

Il installe partout la présence d’un Dieu.

 

Il est comme la vie rayonnante et fertile

Face au doute du temps au doute de la mort

Tronqué d’une partie de son immensité

Par un jamais caché, qui le suit comme un frère

Lorsqu’il parait s’enfuir et semble disparaître

ll nous revient encore en s’appelant l’espoir.

 

 

ELEGIE

 

 

De la naissance, jusqu'à la mort, ai-je raison ou ai-je tort?

Vivre au dedans ou vivre dehors, est-ce la vie est-ce un décor?

Les amitiés, la solitude le néant, la plénitude,

Ai-je raison, ou ai-je tort? Est-ce la vie, est-ce la mort?

 

Est-ce printemps, est-ce l'automne ou tout renaît, ou tout s'endort?

Est-ce la foi ou bien le doute? La volonté ou bien le sort.

Est- ce unité ou bien partage? Cette impression de davantage

Entre passé et avenir il nous faut vivre et puis mourir.

 

Entre l’amour le désespoir, Il faut trouver un devenir

Pour parvenir jusque s'au soir et bien mourir sans repentir.

Si le néant n'a pas de fond et que l'amour n'a de limite

Comment faut-il que nous fassions pour qu'entre deux la vie habite?

 

Le relatif est- il mensonge ?et l'absolu que déraison ?

Et plus j'y pense et plus j'y songe et moins l'espoir est de saison.

 

 

 

LA BEAUTE

 

 

Toi qui trop aime la beauté et n’en conçoit que volupté,

Sache donc bien qu’indifférente te paraîtra si loin distante

 

Que son attrait, par trop violent rencontrant, vide et solitude

Te détruira le cœur céans plus vite que décrépitude.

 

Comme la foudre en sa colère aveuglante en apothéose,

D’un trait de feu, d’un trait de fer sans hésiter, marquer de pose,

 

D’une atteinte à soit à toi si cruelle portée au milieu de ta vie

Ne laissera subsister d’elle  que l’espoir d’un lointain oubli

 

Le soleil qu’on regarde en face pour nous n’a pas plus de pitié

Pourtant il doit garder sa place nos yeux n’ouvrir qu’à moitié

 

 

Les mots

 

Avec les mots d’hier, habiller le présent

Ne vouloir les changer, sous prétexte de temps

Ils ne sont pas usés, d’avoir beaucoup servis

Seulement patinés, sans avoir pris un pli

 

Mais un mot reste un mot, et ne fatigue pas

De porter un propos, si le propos est bon

En passant par la tête, simplement en relais

Il en ressortira, identique à lui même

Aussi clair et limpide, visible et transparent

 

Lorsque le mot hésite, pour mieux dire ce qu’il pense

Et cherche aux environs, un mot qui se dérobe

Sa démarche hésitante, prenant le ralenti

Progresse lentement, d’un mot seul à un autre

Ralentissant la phrase, pour cerner la pensée

Il tente d’énoncer, le plus exactement.

 

 

 

 

Concerto de  Rachmaninov

                                        Piano forte

 

Et  toi   l‘espoir, pourquoi frapper

Frapper  si fort, frapper toujours

Frapper encore, ne sais tu pas

Depuis longtemps, longtemps déjà

Mon cœur est mort

Car de l’amour, de l’amitié

Pourquoi donner, rien que moitié

Et puis promettre, au paradis

De nous donner, tout à merci

Pourquoi la mort, après la vie

Et dans les yeux, tant de détresse

Et puis du rire, de la tendresse

Et puis plus rien, qu’un souvenir

De ce qui fut, Dieu et l’amour

Chacun des jours, toute une vie.

 

 

COMMENT

 

 

Accrocher ses habits aux aiguilles du temps

Et faire qu’en tournant ils ne puissent tomber

Entrer dans un regard jusque derrière les yeux

Pour y fixer l’image d’un instant merveilleux

Et partant d’un désir en devenir l’esclave

Pour conquérir le ciel sans tomber dans la mer

Côtoyer la victoire ébloui de durée

Et passer sans escale des ailes de l’oiseau

Jusqu’aux pas alourdis des destins embourbés

Réunir par des mots ce que la vie sépare

Est un jeu difficile ne pardonnant l’écart

Si chacun est unique peut-il être semblable

Entrer dans une idée qui prétend être lui

Alors qu’elle ne peut l’être à toujours qu’à demi

Si chacun veut rester la vérité qu’il porte

Et bouter hors de lui le confort d’habitude

N’est-il pas condamné refusant servitudes

D’accepter sans faillir l’horizon solitude.

 

 

 

LE REFUS

 

Que sert de refuser la mort, que sert de regretter l'oubli,

Ne pas laisser courir au dehors la liberté qui épanouit.

De vouloir posséder le temps le retenir tout à loisir

Sans accepter là pour autant de chaque jour un peu mourir.

Oublier que depuis toujours la vie s'achète de la mort

Que Dieu suffit avec l'amour à changer le gris en décor.

Que la joie comme la douleur sont les couleurs de la vie.

Que l'une et l'autre sont deux soeurs, inséparables et sans merci.

Le refus est une musique, qui ne veut connaître d'oreille

Un sommeil qui par trop s'applique à ne pas retrouver d'éveil.

 

 

 

 

 

Concerto de  Rachmaninov

 

Piano forte

 

 

Et  toi   l‘espoir, pourquoi frapper

 

Frapper  si fort, frapper toujours

 

Frapper encore, ne sais tu pas

 

Depuis longtemps, longtemps déjà

 

Mon cœur est mort

Car de l’amour, de l’amitié

 

Pourquoi donner, rien que moitié

 

Et puis promettre, au paradis

 

De nous donner, tout à merci

 

Pourquoi la mort, après la vie

 

Et dans les yeux, tant de détresse

 

Et puis du rire, de la tendresse

 

Et puis plus rien, qu’un souvenir

 

De ce qui fut, Dieu et l’amour

 

Chacun des jours, toute une vie.

 

 

 

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