suite construire
POURQUOI
Solitude infinie des pourquoi sans réponse
Du monde de l'esprit tristes immensités,
Contre ton désarroi nous cherchons en ce monde
Le bien fragile écran de l'humaine amitié.
Autour de notre vie, il faut que se rassemblent,
Pour mieux la protéger, nos espoirs et nos joies.
Il nous faut oublier ce qui était hier
Si nous voulons revivre une sincérité.
Amour toi qui nous mets dans les yeux une flamme,
Et Dieu toi qui promet après la mort une âme,
Dans le chaos du monde vous êtes l'unité
Vous n'êtes qu'un désir secret d'éternité.
Dans cette nuit profonde il nous reste l'espoir
Qu'une main peut suffire à nous ouvrir les cieux
Contradictions
Moitié chair et moitié rêve Moitié neige et moitié boue
Rester debout être de boue, de boue de rêve en même temps
Impitoyable de pitié et généreux de charité
Empli de force et de faiblesse mêlant la joie et la tristesse
Passer la nuit guetter le jour avec l’espoir comme lumière
S’établissant en joie première pour attacher solidement
Morceaux brisés de la mémoire
Comme musique portant les mots comme la mer portant bateaux
Les nuages chargés de pluie lavent la terre portent la vie
Poussés par l’air en espérance depuis la mer vers le désert
Pour en gommer la différence comme l’amour par sa présence
Porte la vie en solitude pour en chasser la différence
Y établir nouvelle envie
Vagabondages
La vie cadeau la vie misère je vais ailleurs je reste ici
Je dis malheur je dis merci la terre trop grande moi trop petit
Le ciel tout bleu le ciel miracles remplit les yeux remplit le cœur
Et sur la terre tous les oracles promettent joies et tous bonheurs
L'espoir tout proche et Dieu si loin pour les unir même besoin
Entre les dieux le choix est grand suffit de croire savoir attendre
Mais oublier ceux qui sont proches ceux que l'on touche ceux que l'on voit
Lâcher les mains quand ils se noient et les chasser de la mémoire
Ne peut se faire qu’avec l’espoir
SEMBLABLES
Une note et un mot s'en allaient de concert
Le mot cherchait l'idée,la note une harmonie
Ils se savaient trop seuls, se savaient impuissants
Le mot dans une foule ne sait trouver sa place
Il regarde chacun cherche une ressemblance
Un mouvement de peau sur les traits d'un visage
Une lueur fugace dans l'instant d'un regard
Le mot peut résonner dans l'oreille attentive
Etre chargé de sens, devenir une note
Qui répète le thème fidèle d'un espoir
Dans les replis secrets d'une mémoire lointaine
Il garde son pouvoir de réveiller le temps
Les autres mots ensuite peuvent s'accumuler
Pour effacer sa trace et pour le submerger
Mais il restera là, toujours à la surface
Comme l'homme cherche un Dieu, pour justifier sa vie
La musique et la phrase fabrique une chanson
Comme l'homme et ses Dieux espèrent en religion.
CROIRE
Lorsque tu dis je crois, l'écho réponds espère
La vérité s’installe entre ces deux appels
Le dieu voulu par tous se cache derrière les mots
Ses contours incertains favorisent la foi.
L’obligation d'instinct gourmand de certitude
Aménage les doutes pour construire un présent
Les règles du vivant en constante apparence
Doivent se concilier à la marche du temps
Et l'esprit en recherche d'une unité logique
Capable d'associer le futur au passé
Attribue au présent afin de le mieux vivre
L’existence d'un Dieu et juste et bienveillant.
DEMAIN
Lorsque les os usés d'avoir couru le monde,
Je verrai poindre au loin la vieillesse figée,
Je superposerai la nature féconde
A chacun des regards de mes yeux fatigués.
Le souvenir ancien de mes joies moribondes
Adoucira, j’espère, ma vieillesse esseulée
Et dans ce face à face entre moi et le monde,
La place sera grande si dieu ne vient combler.
Et le père et la mère et les amis aimés,
Et la femme par qui la vie fut prolongée,
Disparus depuis lors que deviendra le lien
Entre moi et les êtres, entre moi et les choses.
Avant que sur mes os la terre enfin ne pèse,
Pour les si nombreux jours qui font l'éternité,
C'est là tout le désordre qu’il nous fait accepter
Pour que la vie soit mort et que la mort soit vie
APRES
Si je deviens une herbe folle
Sur le bord d' un chemin fleuri
Que Dieu me laisse la parole
S'il veut encore que je le prie
J'aurai peut-être alors le temps
Si trop l'hiver ne me meurtrit
De regarder passer le vent
Si dans la plaine je grandis
Si dans mes yeux la pluie ne coule
Que l'horizon ne s'obscurcit
Verrai-je les fleurs en foule
Se balancer disant merci
Les oiseaux porteront message
Depuis la terre au paradis
Que je promets de rester sage
Pourvu qu'amour reste permis
Le soleil je veux en partage
Qu'il soit le soir qu'il soit midi
Je ne peux supporter nuages
Je n'ai que trop connu la pluie