MUSIQUE ET PEINTURE

Publié le par paul vidal

la  chanson

 

Quand la musique porte les mots souffle dessus les tient en l’air
Ils ne sont dits en un propos ou la logique vit et prospère

On les entend et les comprend mais la musique fait qu’on les aime
Sait on pourquoi sait on comment puisque l’oreille reste la même

Ils ont changé façon étrange et le son leur fait cortège
Pour les unir les séparer faire différents et rester mêmes

Tous deux unis intimement l’un portant l’autre le soulevant
On les écoute comme on regarde couler de l’eau paisiblement

 

Difficulté

 

Parler de la musique parler de la peinture
Avec des mots boiteux s'appliquant à marcher
Parcourir les mers flotter vers l'horizon
Vouloir avec les yeux regarder au-delà

Attendre que le vent au caprice de Dieu
Gonfle enfin notre voile et que chante la coque
A l'eau toujours fuyante ne faisant que passer
Que le futur devant qui espère les yeux
De vienne du passé invisible de dos

La vie flotte toujours ainsi que fait bateau
Les étoiles lointaines promettant une route
Escortée de merveilles et maîtrisant l'espace
L'éternelle balance que chaque vie escorte
Qui fait le tour de terre pour trouver une fin

Près d'un nouveau départ espoir d’un début
Fatigué de voyage qui doit trouver en route
De multiples relais de la foi à l'affût
De la désespérance ouvre grande sa porte
En unique refuge

 

LE TABLEAU

Le geste et le regard, à travers la couleur
Font le projet dément, inspiré par l’amour
De revêtir la forme, fragile et vulnérable
Et lui garder la vie, au-delà de l’instant.

Le désir infini, d’arrêter la tendresse
Eparse dans le monde, en un lieu plus restreint
Rassemble dans l’image, à portée d’une main,
Une façon d’aimer, l’ambition d’un destin.

Mais les jeux de lumière, chaque instant différents,
Rencontrant cette image, faussement immobile,
Par le chemin des yeux, s’adressant à nous mêmes,
Nous répètent sans cesse, je ne suis que l’instant. .

Si je suis aujourd’hui, et tes yeux me regardent,
C’est que des yeux d’hier, ont tant aimé la vie,
Qu’ils n’ont pu leur amour garder en devers eux
Et qu’il leur a fallu, laisser en héritage,
La joie de leur regard, en offrande, en hommage,
Pour honorer la vie, pour arrêter le temps.

 

PEINTURE

 

Capturer la beauté au bout de son pinceau,
La fixer hors du temps pour témoigner demain,
Que nos yeux ont su voir et apprécier le beau,
Notre esprit y chercher l'approche du divin.

Fragile et éphémère précieuse et éternelle,
Entre ces deux visages nous faut-il donc choisir?
L'important n'est il pas qu'en nous elle reste telle
De pouvoir sans secours recréer le plaisir.

N’est ce donc ici bas du peintre le pouvoir
De savoir de l'instant prolonger la durée,
A l'image de dieu parfois sans le savoir
De nous offrir la joie à jamais délivrée

 

La musique

C'est l'oreille qui regarde qui pense et réfléchit
Qui attend et s'inquiète qui s'inquiète et qui suit
Le rythme est mouvement et le ton est couleurs
Le pouvoir vient des sons l'armée est symphonie
Elle envahit nos sens vers un monde nouveau
Le temps y disparaît englouti sans remords
Comme la mort peut l'être niée par la promesse
D'un futur éternel.

 
JERICO

Trompette o douce amie tu nous fais prisonnier
Quand ton immense voix nous envahit entier.
Tu sais si bien mourir et puis si bien renaître
Qu'en chacun de tes chants nous sommes tout entier.
Et bien mieux que nos mains n'ont jamais su prier,
En un pont merveilleux de nous mêmes aux cieux,
Qui sait mieux rassembler en un même bouquet,
Nos profondes détresses et nos joies insensées.
Tu soulèves le ciel , tu chasses l'horizon,
Faisant fuir à jamais tous les gris de la vie .
Qu'il est doux tout le bleu , tout le bleu de ta voix
Tout le bleu de l'amour et de l'espoir en dieu.
Mais pourquoi faut il donc qu'à travers ta joie ,
Tu demandes soudain , dieu se cache et pourquoi
S'il est vrai qu'il nous aime et qu'il nous aime tant
Comment n e sait il pas ce que chacun attend.

 

TZIGANE

 

Lorsque le violon pleure, que le violon gémit,
Que m'importe le temps et que m'importe l'heure,
Je voudrais tant savoir et savoir je ne puis,
D'où vient cette douleur que le monde charrie?
Faut-il ouvrir la porte, agrandir les fenêtres
Pour que s'échappe au loin ce trop plein de tristesse?
Comment dire au violon: il faut que tu te taises
Ta chanson est trop lourde, impossible à porter!
Trouves pour l'écouter ailleurs d'autres oreilles,
Malgré ce que tu dis et que je comprends trop,
Il faut que tu te taises car je ne puis rester,
Et je ne trouve en moi rien pour te consoler.
Lorsque le violon cause : chaque note est un mot
Qui s'étire et s'allonge pour joindre un autre mot,
Ses cordes coupent le temps maîtrisées par l'artiste,
Elles y sont le filet que traîne le pécheur.
Elles savent extraire de l'eau ce qu'elle contient de vie
Son poisson est le rêve et sa voix nous le dit.
En tuant le silence neutre du quotidien
Elles rassemblent les notes qui savent nous parler.
Quand elles parlent des choses muettes et immobiles
Qui semblent nous narguer de leur indifférence,
Leur effort obstiné, lancinant, mélodique,
Parvient à les convaincre de nous accompagner.
Lorsque le violon chante, le soleil se lève,
La joie étend son règne, la joie nous envahit;
Il n'y a plus de faim, il n'y a plus de soif,
Les yeux sont trop petits quand le monde y pénètre.
L'ami mort nous revient, et son sourire aux lèvres
Nous parle comme hier, nous dit :je suis présent;
Ne me regrette pas, je reviendrai sur terre
Pour te dire les mots que tu attendais tant.
La mort n'est pas désert, je suis en oasis.
L'eau fraîche coule à mes pieds et je t'attends assis,
La poussière que je suis habite dans les fleurs,
Elle y reçoit encore la joie de la lumière,
Tu peux les regarder car c'est là que je suis.

 

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Publié dans poesies

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