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Publié le par paul vidal

 

 

CHOISIR

 

Prier avec des pierres et construire des églises

 

Jalonner  notre  terre  de  villes  et monuments

Pour donner après nous une image du temps

 

C’est  garnir  l’espace  en  mettant  des étoiles

Pour que des yeux futurs y cherchent notre mémoire

 

De même que les mots poursuivent les idées

Tentent  de leur donner et visage et couleur

 

En  écartent   le  flou  précisent  les contours

 

Et  par trait  sur  papier leur donnent une vie

 

Dans l’espoir de combler le doute des croyances

 

De  la  vie  à  l’objet   réalité   voyage

 

Comme normalité attend toujours miracle

 

Révolte  de  l’orgueil  confronté  au néant

 

Ou soumission craintive dans l’espoir de comprendre

 

Sont les deux choix possibles que nous laisse le temps

 

 

 

 

LA  MER

 

 

 

La mer comme un miroir aux multiples facettes

 

Fragmente  le  soleil  fabrique  des  étoiles

 

On y voit chaque instant la danse des lumières

 

Sans savoir si elles sont ou fixes ou passagères

 

 

 

Le temps qui la traverse comme passe le vent

 

Ne s’arrête jamais de bousculer les vagues

 

Et les reflets changeants de sa face mouvante

 

Nous regardent de face comme des yeux en foule

 

 

 

Elle semble abandonner la plage à tout jamais

 

En ne laissant derrière que des dessins de sable

 

Mais elle porte promesse de revenir bientôt

 

A  l’heure  déjà  connue  de  précise  façon

 

Mais toute différente sans connaître raison

 

 

Les couleurs et reflets qui l’habillaient hier

 

Dans   un  ordre nouveau se superposeront

 

Le mouvement de l’eau et celui des lumières

 

Par  sa  répétition  et  ses rythmes obsédants

 

Prend possession de nous envahis par l’instant

 

Mais promet que demain sera nouveau présent

 

 

 

Vendée Globe

 

 

Avec un peu de voile, avec beaucoup de vent

 

Avec un peu de vague, avec beaucoup de temps

 

Sachant que terre est ronde, naviguant le sachant

 

Entre  le  ciel  et l’eau, chercher le mouvement

 

Vivre  départ  et fin, dans  la  joie de l’instant.

 

La terre grande ou petite, suivant que la voyons

 

Est  image  de  vie, avec  ou  sans     limites

 

Selon choix qui est fait, d’en ouvrir les portes

 

En faire le tour sans cesse, ou rester immobile

 

Dépend totalement, de l’amour qu’on lui porte

 

Quand la lumière naît, et va chasser la nuit

 

Le trait qui la précède, s’installe à l’horizon

 

Attire   le   regard,   car  nous   savons déjà

 

Qu’elle va nous inonder, porteuse de l’espoir

 

Et réchauffer les froids, habitant la raison.

 

Que poursuivent les hommes, ainsi voguant sur l’onde

 

Une   moitié   perdue, qui toujours se dérobe

 

Entre  calme  et   colère,  vérité   et   mensonge

 

Construite de lumière, ou noyée dans les ombres

 

C’est eux-mêmes qu’ils cherchent, en dévorant la mer.

 

 

 

PEUT  ETRE

 

 

Si  j’aime  le peut –être  et n’aime le    je  sais

 

C’est qu’une porte ouverte me permet  d’espérer

 

Cultiver   certitudes   et    tomber     à genoux

 

C’est   le   repos de croire   le refus   de douter

 

 

De la naissance à mort la droite rectiligne

 

Ne laisse nulle place aux courbes du destin                .

 

Accepter    de   mourir   n’est pas une question

 

Mais savoir le pourquoi  est question sans réponse

 

 

L’instinct et la  raison  en conflit  permanent

 

En multiples visages  cachent besoin de croire

 

La  passion  est  orage  la foi est ciel    serein

 

La vie entre les deux  doit trouver son chemin

 

 

 

 

LE BATEAU

 

 

 

Sur  le  bateau  errant  de  l'être   solitaire

 

L'horizon est trop calme et la mer est trop claire

 

Au  mat  de   son  espoir, la voile pend inerte

 

La  vie  au fond de l'eau lui parait étrangère.

 

 

 

Le ciel est pourtant là, dans son immensité

 

Il  pourrait   être  ami,    être   sérénité.

 

Mais l'oeil qui le regarde a aimé d'autre cieux

 

En les voyant vivants, à travers d'autres yeux.

 

 

Même le vent du large ,escorté par la vague

 

Pourra  bien    le bercer, lui donner l'illusion

 

La vie l'a traversé ,lui offrant ses cadeaux

 

Il  a  tendu  les mains  , il  a  cru les saisir.

 

 

Mais le temps a passé, mêlant le vrai au faux

 

Changeant  la  vérité, l'habillant d'oripeaux

 

Il  cherche autour de lui à trouver une main

 

Pour  le guider  enfin vers un autre destin.

 

 

 

 

Les clarines d'Auvergne

 

 

 

Le concert des clarines qui envahit la tête

 

Apporte  les images  des  lointains disparus

 

Fabrique  du  présent  avec les souvenirs

 

Et  change  le  passé  en   futur   devenir

 

 

 

Et  le  son  bien  réel  qui  pénètre  l'oreille

 

Abandonne  en  entrant  toute    simplicité

 

Des visages enfouis et des voies disparues

 

Peuplent à nouveau le monde de réelles  présences.

 

 

 

A de nouveaux dialogues interrompus trop tôt

 

Semblent prêts à répondre à toutes les questions

 

L'herbe  toujours si verte et les printemps brutaux

 

La  feuille  transparente  du merisier d'automne

 

Deviennent des messages transportés par le son

 

Pour  occuper  l'espace  en cachant tous les manques.

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Publié dans poesies

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