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CHOISIR
Prier avec des pierres et construire des églises
Jalonner notre terre de villes et monuments
Pour donner après nous une image du temps
C’est garnir l’espace en mettant des étoiles
Pour que des yeux futurs y cherchent notre mémoire
De même que les mots poursuivent les idées
Tentent de leur donner et visage et couleur
En écartent le flou précisent les contours
Et par trait sur papier leur donnent une vie
Dans l’espoir de combler le doute des croyances
De la vie à l’objet réalité voyage
Comme normalité attend toujours miracle
Révolte de l’orgueil confronté au néant
Ou soumission craintive dans l’espoir de comprendre
Sont les deux choix possibles que nous laisse le temps
LA MER
La mer comme un miroir aux multiples facettes
Fragmente le soleil fabrique des étoiles
On y voit chaque instant la danse des lumières
Sans savoir si elles sont ou fixes ou passagères
Le temps qui la traverse comme passe le vent
Ne s’arrête jamais de bousculer les vagues
Et les reflets changeants de sa face mouvante
Nous regardent de face comme des yeux en foule
Elle semble abandonner la plage à tout jamais
En ne laissant derrière que des dessins de sable
Mais elle porte promesse de revenir bientôt
A l’heure déjà connue de précise façon
Mais toute différente sans connaître raison
Les couleurs et reflets qui l’habillaient hier
Dans un ordre nouveau se superposeront
Le mouvement de l’eau et celui des lumières
Par sa répétition et ses rythmes obsédants
Prend possession de nous envahis par l’instant
Mais promet que demain sera nouveau présent
Vendée Globe
Avec un peu de voile, avec beaucoup de vent
Avec un peu de vague, avec beaucoup de temps
Sachant que terre est ronde, naviguant le sachant
Entre le ciel et l’eau, chercher le mouvement
Vivre départ et fin, dans la joie de l’instant.
La terre grande ou petite, suivant que la voyons
Est image de vie, avec ou sans limites
Selon choix qui est fait, d’en ouvrir les portes
En faire le tour sans cesse, ou rester immobile
Dépend totalement, de l’amour qu’on lui porte
Quand la lumière naît, et va chasser la nuit
Le trait qui la précède, s’installe à l’horizon
Attire le regard, car nous savons déjà
Qu’elle va nous inonder, porteuse de l’espoir
Et réchauffer les froids, habitant la raison.
Que poursuivent les hommes, ainsi voguant sur l’onde
Une moitié perdue, qui toujours se dérobe
Entre calme et colère, vérité et mensonge
Construite de lumière, ou noyée dans les ombres
C’est eux-mêmes qu’ils cherchent, en dévorant la mer.
PEUT ETRE
Si j’aime le peut –être et n’aime le je sais
C’est qu’une porte ouverte me permet d’espérer
Cultiver certitudes et tomber à genoux
C’est le repos de croire le refus de douter
De la naissance à mort la droite rectiligne
Ne laisse nulle place aux courbes du destin .
Accepter de mourir n’est pas une question
Mais savoir le pourquoi est question sans réponse
L’instinct et la raison en conflit permanent
En multiples visages cachent besoin de croire
La passion est orage la foi est ciel serein
La vie entre les deux doit trouver son chemin
LE BATEAU
Sur le bateau errant de l'être solitaire
L'horizon est trop calme et la mer est trop claire
Au mat de son espoir, la voile pend inerte
La vie au fond de l'eau lui parait étrangère.
Le ciel est pourtant là, dans son immensité
Il pourrait être ami, être sérénité.
Mais l'oeil qui le regarde a aimé d'autre cieux
En les voyant vivants, à travers d'autres yeux.
Même le vent du large ,escorté par la vague
Pourra bien le bercer, lui donner l'illusion
La vie l'a traversé ,lui offrant ses cadeaux
Il a tendu les mains , il a cru les saisir.
Mais le temps a passé, mêlant le vrai au faux
Changeant la vérité, l'habillant d'oripeaux
Il cherche autour de lui à trouver une main
Pour le guider enfin vers un autre destin.
Les clarines d'Auvergne
Le concert des clarines qui envahit la tête
Apporte les images des lointains disparus
Fabrique du présent avec les souvenirs
Et change le passé en futur devenir
Et le son bien réel qui pénètre l'oreille
Abandonne en entrant toute simplicité
Des visages enfouis et des voies disparues
Peuplent à nouveau le monde de réelles présences.
A de nouveaux dialogues interrompus trop tôt
Semblent prêts à répondre à toutes les questions
L'herbe toujours si verte et les printemps brutaux
La feuille transparente du merisier d'automne
Deviennent des messages transportés par le son
Pour occuper l'espace en cachant tous les manques.