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Publié le par paul vidal

PREFACE

 

Unité

 

Le ciel et les yeux

L’amour et le feu

La terre et la mort

La musique et le vent

Et puis l’homme et son tourment

 

 

 

Que veulent les mots

 

 

Le mot comme une main qui veut saisir le monde

 

Nous  apportons  la  joie  de  préciser     l’idée

 

Il prolonge les yeux pour fixer dans le temps

 

La   beauté   qui   passe    et  ne   s’arrête  pas

 

 

Il  cherche  à  posséder ce qui échappe à tous

 

Les pourquoi de la vie, les pourquoi de la mort

 

En   battant   le  rappel de tous les provisoires

 

Il  cherche  à  édifier   un point   fixe illusoire

 

 

Il  parle  de  l’amour  et  parle  de    beauté

 

Sachant que tous ces mots rêvent d’éternité

 

Qu’eux seuls sont capables de défier le temps

 

En   appliquant  sur lui le masque d’exister.

 

 

 

Chacun

 

 

Chacun est une idée qui regarde et qui marche

 

Et cherche sans arrêt les mots qui la complètent

 

Cette idée qui l’habite prend multiples visages

 

Et  choisit  en  chemin  un espoir  d’horizon.

 

Les mots qui lui ressemblent et ceux qui la renient

 

Se succèdent sans cesse dans le tracé des phrases

 

Sur  la route  de vie  de surprise  en  surprise

 

Certitude   passée   vieillit    différemment

 

A l’encontre des faits qui l’amputent en partie

 

Le confort  espéré  d'un  sentiment  durable

 

Repousse en nous l'idée de l'univers désert

 

Et  paraît  à  l’esprit  un  espoir  de  repos.

 

Si certain d’être fort et de pouvoir faire face

 

Tronqué de l’espérance recherchant un appui

 

Elle  préfère   oublier  le  réel  trop   présent

 

Et  parcourir  le  temps   réputé  si   fuyant

 

En accueillant les mots rangés comme une armure

 

Pour  avancer  plus  loin  curieux  de son futur.

 

 

 

POÉSIE

 

 

 

Tu  n'es  que  de  l'amour  tu n'es que de la vie,

 

Sous le masque des mots, qui le mieux nous ravit.

 

En  tes  chemins  secrets  la commune   logique

 

Nous semble trop lointaine, et parfois trop absente.

 

Q'importe  notre  joie, qui souvent les emprunte,

 

Elle  sait  y  reconnaître discrète omniprésente,

 

A    travers    les mots,   la   logique   du  cœur.

 

Glanant   autour   de   toi, l’harmonie de la vie,

 

Pour la mettre en bouquet, tu prolonges à l'envie

 

Tout    ce  qui   nous  parait,  la  première   vue

 

Et     précaire,    et    mortel,   limité,  et    fini.

 

 

 

 

JAMAIS ET TOUJOURS

 

 

 

Du  jamais  de  la  mort, au  toujours  de l'amour,

Vous êtes mots trop forts, vous êtes mots trop lourds,

 

Votre excès de présence, votre trop plein d'absence,

 

Trahissent  le  besoin,  de  maîtriser  le   temps.

 

Voulus inconsciemment, pour repousser la peur,

 

Qu'importe le mensonge, que vous portez en vous.

 

L'homme  vous  a  conçus,  bâtis,    consolidés

 

Pour bercer dans ses bras, son besoin de bonheur.

 

Votre charme est divin, car Dieu est votre allié,

 

Il  sème  à  toute  main, l'espoir   de  la durée.

 

Le temps n'est que du sable, et vous êtes ciment.

 

Et votre alliance est faite, pour combler le néant.

 

Grâce   à   vous,   grâce   à  votre  pouvoir,

 

La poussière du temps, légère et impalpable,

 

Devient apte au toucher, rassurante et présente,

 

Pour s'offrir immobile, en cadeau au présent.

 

Du refus de l'oubli, jusqu'au bout de l'espoir,

 

Vous  partagez le temps, sans fin et dérisoire.

 

Vous  savez le cerner, à l'échelle des hommes,

 

En faisant des remparts, pour retenir le temps.

 

Comme le balancier des horloges anciennes,

 

En frappant sans répit la chute des secondes

 

De  son  bruit  régulier,  discret  et   familier,

 

Donne à sa fuite même un aspect de présence.

 

Ce temps qu'aucun de nous, ne veux laisser partir,

 

A  inventer  des  mots, pour  mieux  le   retenir.

 

Si  cruel  qu'il  soit,   si  lourde son empreinte,

 

A  toujours  le  nier, nous  sommes  appliqués.

 

Grâce à ces mots magiques, en définir le tour,

 

D'un mot bref  et  facile, en raccourci habile;

 

Le  mieux  apprivoiser,  lui  donner  un visage,

 

Pour mettre hors de l'oubli, tout ce que nous aimons.

 

Clochers  et  minarets, donjons   de  certitudes,

 

Murailles   de  paroles, forteresses  de  mots,

 

Du haut de vos beffrois, vous surveillez les plaines,

 

Immenses et inquiétantes, de la fuite du temps.

 

Vous  êtes  sentinelles,  vous  protégez  la   vie,

 

Vous  portez  l'ambition,  de  nier  le   mourir,

 

En chassant devant vous la mort avec des mots.

 

 

 

par paul vidal publié dans : poesies

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