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PREFACE
Unité
Le ciel et les yeux
L’amour et le feu
La terre et la mort
La musique et le vent
Et puis l’homme et son tourment
Que veulent les mots
Le mot comme une main qui veut saisir le monde
Nous apportons la joie de préciser l’idée
Il prolonge les yeux pour fixer dans le temps
La beauté qui passe et ne s’arrête pas
Il cherche à posséder ce qui échappe à tous
Les pourquoi de la vie, les pourquoi de la mort
En battant le rappel de tous les provisoires
Il cherche à édifier un point fixe illusoire
Il parle de l’amour et parle de beauté
Sachant que tous ces mots rêvent d’éternité
Qu’eux seuls sont capables de défier le temps
En appliquant sur lui le masque d’exister.
Chacun
Chacun est une idée qui regarde et qui marche
Et cherche sans arrêt les mots qui la complètent
Cette idée qui l’habite prend multiples visages
Et choisit en chemin un espoir d’horizon.
Les mots qui lui ressemblent et ceux qui la renient
Se succèdent sans cesse dans le tracé des phrases
Sur la route de vie de surprise en surprise
Certitude passée vieillit différemment
A l’encontre des faits qui l’amputent en partie
Le confort espéré d'un sentiment durable
Repousse en nous l'idée de l'univers désert
Et paraît à l’esprit un espoir de repos.
Si certain d’être fort et de pouvoir faire face
Tronqué de l’espérance recherchant un appui
Elle préfère oublier le réel trop présent
Et parcourir le temps réputé si fuyant
En accueillant les mots rangés comme une armure
Pour avancer plus loin curieux de son futur.
POÉSIE
Tu n'es que de l'amour tu n'es que de la vie,
Sous le masque des mots, qui le mieux nous ravit.
En tes chemins secrets la commune logique
Nous semble trop lointaine, et parfois trop absente.
Q'importe notre joie, qui souvent les emprunte,
Elle sait y reconnaître discrète omniprésente,
A travers les mots, la logique du cœur.
Glanant autour de toi, l’harmonie de la vie,
Pour la mettre en bouquet, tu prolonges à l'envie
Tout ce qui nous parait, la première vue
Et précaire, et mortel, limité, et fini.
JAMAIS ET TOUJOURS
Du jamais de la mort, au toujours de l'amour,
Vous êtes mots trop forts, vous êtes mots trop lourds,
Votre excès de présence, votre trop plein d'absence,
Trahissent le besoin, de maîtriser le temps.
Voulus inconsciemment, pour repousser la peur,
Qu'importe le mensonge, que vous portez en vous.
L'homme vous a conçus, bâtis, consolidés
Pour bercer dans ses bras, son besoin de bonheur.
Votre charme est divin, car Dieu est votre allié,
Il sème à toute main, l'espoir de la durée.
Le temps n'est que du sable, et vous êtes ciment.
Et votre alliance est faite, pour combler le néant.
Grâce à vous, grâce à votre pouvoir,
La poussière du temps, légère et impalpable,
Devient apte au toucher, rassurante et présente,
Pour s'offrir immobile, en cadeau au présent.
Du refus de l'oubli, jusqu'au bout de l'espoir,
Vous partagez le temps, sans fin et dérisoire.
Vous savez le cerner, à l'échelle des hommes,
En faisant des remparts, pour retenir le temps.
Comme le balancier des horloges anciennes,
En frappant sans répit la chute des secondes
De son bruit régulier, discret et familier,
Donne à sa fuite même un aspect de présence.
Ce temps qu'aucun de nous, ne veux laisser partir,
A inventer des mots, pour mieux le retenir.
Si cruel qu'il soit, si lourde son empreinte,
A toujours le nier, nous sommes appliqués.
Grâce à ces mots magiques, en définir le tour,
D'un mot bref et facile, en raccourci habile;
Le mieux apprivoiser, lui donner un visage,
Pour mettre hors de l'oubli, tout ce que nous aimons.
Clochers et minarets, donjons de certitudes,
Murailles de paroles, forteresses de mots,
Du haut de vos beffrois, vous surveillez les plaines,
Immenses et inquiétantes, de la fuite du temps.
Vous êtes sentinelles, vous protégez la vie,
Vous portez l'ambition, de nier le mourir,
En chassant devant vous la mort avec des mots.
par paul vidal publié dans : poesies
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