l'oubli

Publié le par paul vidal

L'OUBLI

               

 ECRIRE 

                       Je vais essayer de répondre aux considérations concernant l’oubli, ce qui n’est pas très facile. Je pense que les souvenirs ont une capacité à survivre, en fonction de la période de la vie, à laquelle ils correspondent. Il est admis que les années d’enfance, paraissent beaucoup plus longues et, que les impressions et les émotions que l’on vit durant ces années, s’inscrivent beaucoup plus profondément que celles qui leur succèdent.

                     Je pense, que l’état de dépendance que l’on vit, vis-à-vis de ses parents ,sans lesquels on se sent vulnérable, entraîne l’obligation de subir toutes les situations les plus invraisemblables et que ce sont ces premières impressions qui déterminent pour beaucoup, le comportement ultérieur. La difficulté d’oublier ces premiers critères, profondément ancrés, dans la personnalité parait invraisemblable et artificielle à ceux, qui ont eu la chance d’y échapper. Les comportements ultérieurs, dans leur besoin de neutraliser une obligation de comprendre et d’oublier, demandent des efforts constants de volonté qui, automatiquement, condamnent, pour tous les autres problèmes, à ce que je serais tenté de qualifier  de passivité apparente.

 

                Cette différence difficile à définir, et qui peut être comparée à une sorte d’épuisement d’un stock originel d’émotivité, prématurément épuisée, ne permet pas de rapports normaux avec les gens dits normaux. L’obligation de vivre ou de survivre, avec une sorte de doute permanent concernant les autres, vous oblige donc à chercher du côté des abstractions, un centre d’intérêt suffisant, pour construire une vie qui accède à une sorte de justification .Les choses réelles telles qu’elles existent ,semblent d’une certaine façon inaccessibles et  l’indifférence dont  elles semblent imprégnées, rend obligatoire la nécessité de choisir en elles la partie susceptible de conserver une  qualité suffisante pour justifier des sentiments.

                    Cette attitude, conséquence d’une difficulté, entraîne obligatoirement une certaine instabilité. C’est la raison pour laquelle, la qualification de sentimental évasif, se trouve attaché à cet attachement immodéré pour une certaine forme de liberté, qui est exactement le contraire  de l’indifférence mais qui se rattache plutôt, à l’instinct de conservation. La poésie, par la distance qu’elle prend vis-à-vis de la réalité, et l’effort qu’elle fait de la rattacher chaque fois qu’il est possible, à des réalités plus durables, que la vie limitée de chaque individu, est peut-être précieuse, dans la mesure où par comparaison, avec les miracles de la nature, elle nous permet de maîtriser les désespoirs, par une sorte de dilution qui les rend plus acceptables en les relativisant.

                         La liberté vue sous cet angle perd son aspect d’égoïsme forcené car elle devient une  condition indispensable au maintien d’un équilibre. En résumé plus un équilibre est difficile à établir plus la liberté en devient un des éléments les plus indispensables .Il est difficile de juger de l’importance que les gens et les objets prennent avec le temps dans chaque existence et dans ce domaine nous avons tous une grande part d’inconscience.    .

 

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Publié dans poesiesphilosophie

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